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Le diagnostic de l’Algie Vasculaire de la Face (AVF)

Le diagnostic d’Algie Vasculaire de la Face (AVF) repose avant tout sur un interrogatoire clinique très précis et sur la description des crises par le patient. Il est important qu’il soit posé par un spécialiste, car l’AVF est une céphalée rare, parfois confondue avec d’autres types de maux de tête.
Illustration d'une femme couvrant un œil avec une forme d'oxygène ($O_2$), symbolisant la douleur intense et unilatérale de l'algie vasculaire de la face (AVF), et l'utilisation de l'oxygénothérapie comme traitement de crise à domicile.

Progression de la lecture

Comment diagnostique-t-on l’AVF ?

Le diagnostic repose entièrement sur ce que vous décrivez au médecin. Il n’existe pas de test sanguin ni d’IRM spécifique pour l’AVF. Le diagnostic se fait par l’interrogatoire détaillé : quand les crises arrivent, combien de temps elles durent, à quelle fréquence, quels signes les accompagnent. Plus votre description est précise, mieux c’est pour confirmer le diagnostic.

Questions clés du neurologue

Le médecin va poser des questions très précises pour valider chaque critère diagnostic :

  • À quel âge les premières crises ont-elles commencé ?
  • Combien de temps dure chaque crise exactement ? (Doit être 15 min à 3h)
  • Combien de fois par jour ? À quelle heure arrivent-elles généralement ?
  • Quel côté du visage ? Toujours exactement le même côté ou ça alterne ?
  • Avez-vous des nausées ou vomissements pendant les crises ? (Doit être « non »)
  • Votre œil rougit-il ? Vous larmoyez-vous ? Votre nez se bouche-t-il du même côté ?
  • Pendant la crise, vous bougez beaucoup ou vous restez tranquille ? (Bouger beaucoup = plus compatible AVF)

Les cinq critères diagnostiques officiels

Le diagnostic repose sur 5 critères stricts que le médecin cherche. Tous les critères doivent être remplis :

  • Critère 1 : Au moins 5 crises répondant aux critères suivants (une ou deux crises ne suffisent pas)
  • Critère 2 : Douleur sévère à très sévère, d’un seul côté, autour de l’œil ou à la tempe, 15 minutes à 3 heures sans traitement
  • Critère 3 : Au moins UN signe accompagnateur : œil rouge, larmoiement, nez bouché, pupille rétrécie, paupière qui tombe, ou agitation très visible
  • Critère 4 : Fréquence : entre 1 crise tous les 2 jours et 8 crises par jour en période active
  • Critère 5 : Les symptômes ne correspondent pas mieux à une autre maladie (migraine, névralgie du nerf trijumeau, etc.)

C’est cette précision dans les critères qui permet au médecin de distinguer l’AVF d’autres céphalées similaires.

Examens d’imagerie : l’IRM cérébrale

Bien que le diagnostic soit purement clinique, une IRM cérébrale est recommandée pour exclure d’autres causes possibles : tumeur cérébrale, déchirure d’une artère importante, malformations vasculaires, ou autres lésions. Dans la plupart des cas d’AVF, l’IRM est complètement normale, ce qui confirme qu’il n’y a pas de lésion sous-jacente.

Les deux formes : épisodique ou chronique

AVF épisodique (80-90% des cas)

C’est la forme la plus courante. Caractéristiques :

  • Périodes de crises intenses (6-12 semaines) alternant avec des rémissions complètes
  • Généralement 1-2 épisodes par an, souvent fin printemps/automne
  • Les rémissions peuvent durer de quelques mois à plusieurs années
  • Cas particulier : environ 25% des patients n’ont qu’un seul épisode dans toute leur vie

AVF chronique (10-20% des cas)

La forme la plus grave et invalidante. Caractéristiques :

  • Crises continues depuis plus d’un an sans rémission durable
  • Jamais de pause véritable, ou pauses très courtes (moins d’un mois)
  • Beaucoup plus invalidante, souvent associée à dépression et anxiété importantes

Diagnostic tardif : un problème courant

L’AVF est rare et peu connue, donc elle est souvent confondue d’abord avec migraine, sinusite ou problème dentaire. Les patients souffrent longtemps avant le diagnostic correct. Si vous reconnaissez les symptômes décrits, insistez pour voir un neurologue spécialisé en céphalées. Un diagnostic et traitement précoces peuvent changer votre vie.

Comment obtenir le bon diagnostic

Si vous suspectez une Algie Vasculaire de la Face :

  • Consultez un neurologue – de préférence spécialisé en céphalées. Si le premier médecin ne pense pas à l’AVF, cherchez un autre avis ou consultez directement un neurologue.
  • Notez vos crises : Tenez un calendrier avec l’heure, la durée, les symptômes associés. C’est TRÈS utile pour le diagnostic.
  • Soyez précis dans votre description. Plus vous pouvez décrire précisément votre douleur et les signes accompagnateurs, mieux c’est.
  • Mentionnez l’AVF : Si vous avez entendu parler de cette maladie, mentionnez-la. Ça peut aider le médecin à y penser.

Prochaines étapes

Une fois le diagnostic d’Algie Vasculaire de la Face confirmé, l’étape suivante consiste à découvrir les options de traitement et comment contrôler efficacement les crises.

Ressources officielles et scientifiques

Ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation médicale professionnelle. Consultez un neurologue pour un diagnostic fiable.

sommaire

FAQ

Qui peut diagnostiquer une Algie Vasculaire de la Face ?

Le diagnostic d’AVF est posé par un spécialiste : généralement un neurologue, parfois un ORL ou un médecin exerçant en centre spécialisé douleur / céphalées. La précision de l’interrogatoire et l’habitude de ces tableaux douloureux sont essentielles pour ne pas passer à côté du bon diagnostic.

Comment se déroule la consultation de diagnostic ?

Le médecin va surtout s’appuyer sur un interrogatoire détaillé :

  • description des crises (durée, fréquence, intensité) ;
  • localisation de la douleur (œil, visage, un seul côté) ;
  • signes associés (œil rouge, larmoiement, narine bouchée ou qui coule…) ;
  • rythme des épisodes (périodes de crises, périodes de rémission) ;
  • impact des crises sur le sommeil et la vie quotidienne.

À partir de ces éléments, il pourra orienter vers une AVF et en préciser la forme.

Pourquoi est-il important de distinguer AVF épisodique et AVF chronique ?

Parce que la fréquence et la répartition des crises dans le temps ne sont pas les mêmes, et que cela influence :

  • le choix des traitements de fond,
  • la manière d’anticiper les épisodes,
  • l’organisation du suivi (rythme des consultations, adaptations thérapeutiques).

L’AVF épisodique alterne périodes de crises et rémissions, alors que l’AVF chronique se caractérise par des crises sans véritable pause.

Qu’est-ce qu’une AVF épisodique ?

L’AVF épisodique représente environ 90 % des cas. Les crises surviennent par épisodes de 3 à 8 semaines, puis laissent place à des périodes de rémission plus ou moins longues (parfois plusieurs années). Chez certains patients, les épisodes reviennent à un rythme saisonnier, par exemple 1 à 2 fois par an.

Qu’est-ce qu’une AVF chronique ?

On parle d’AVF chronique lorsque les crises :

  • se répètent sans aucune rémission depuis plus d’un an, ou
  • ne laissent place qu’à des rémissions de moins d’un mois.

Cette forme est particulièrement invalidante et nécessite un suivi spécialisé rapproché.

Y a-t-il des examens complémentaires systématiques pour diagnostiquer une AVF ?

Le diagnostic repose d’abord sur l’interrogatoire et la clinique. Des examens complémentaires (imagerie, bilan sanguin…) peuvent être demandés, surtout au début, pour éliminer d’autres causes de céphalées ou de douleurs faciales, en fonction du contexte. Le spécialiste vous explique le cas échéant pourquoi ils sont utiles.

 
  • les symptômes (essoufflement, fatigue, maux de tête, somnolence…),
  • les résultats des gaz du sang,
  • les EFR
  • et les examens du sommeil,
    et le contexte (BPCO sévère, obésité, maladie neuromusculaire…).

Lorsque ces éléments montrent une hypoventilation persistante, la ventilation mécanique peut être proposée.

Pourquoi l’AVF est-elle parfois mal diagnostiquée au début ?

Parce qu’il s’agit d’une céphalée rare, encore peu connue du grand public, et parfois confondue avec une migraine, une sinusite ou d’autres douleurs faciales. La description très précise des crises et des signes associés, auprès d’un médecin habitué à ces tableaux, est essentielle pour orienter vers le bon diagnostic.

Que faire si l’on suspecte une AVF mais que le diagnostic n’est pas posé ?

En cas de crises douloureuses typiques (douleur violente autour de l’œil, unilatérale, crises répétées, signes oculaires/nasaux du même côté), il est important de revenir vers son médecin traitant et, si besoin, de demander une orientation vers un neurologue ou un centre de la douleur / céphalées pour une évaluation spécialisée.