Les indications de la perfusion et de la nutrition entérale
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Quand a-t-on recours à la perfusion ?
Certaines affections, ne pouvant être traitées par voie orale ou intramusculaire, nécessitent une administration par voie intraveineuse pour garantir l’efficacité et la sécurité du traitement. Le traitement par perfusion peut être indiqué chez l’enfant, l’adulte et la personne âgée pour plusieurs raisons médicales essentielles.
Indications principales de la perfusion intraveineuse
- Problèmes infectieux : Antibiotiques, antiviraux ou antifongiques pour combattre infections bactériennes, virales ou mycotiques graves nécessitant une administration directe à débit et concentration précis
- Prise en charge oncologique et hématologique : Chimiothérapies anticancéreuses, traitements des hémopathies malignes et immunothérapies ciblées, requérant une administration intraveineuse pour efficacité thérapeutique optimale
- Équilibre hydro-électrolytique : Maintien ou correction des électrolytes sanguins (sodium, potassium, glucose, hydratation) lors de pathologies aiguës ou chronicités affectant l’apport nutritionnel ou digestif
Avantages de l’administration intraveineuse
La perfusion permet d’administrer de façon fiable et précise des traitements directement dans la circulation sanguine :
- Efficacité thérapeutique : Contourne les obstacles digestifs et garantit une concentration précise
- Débits maîtrisés : Perfusion continue ou intermittente selon le protocole médical
- Sécurité : Monitoring étroit pour éviter surdosages ou sous-dosages
- Accessibilité : Indispensable pour patients ayant perdu la fonction digestive
Contextes cliniques particuliers
La perfusion est particulièrement indiquée lors de situations cliniques où l’efficacité thérapeutique et la sécurité du patient requièrent une voie intraveineuse :
- Après hospitalisation : Pour sécuriser le retour à domicile en assurant la continuité des traitements intraveineux et du soutien nutritionnel
- Maladies chroniques : Nécessitant des traitements intraveineux réguliers ou un soutien nutritionnel prolongé à domicile
- États graves : Nécessitant un maintien rapide et précis de l’équilibre hydro-électrolytique et de la nutrition
- Patients fragiles : Enfants, personnes âgées ou présentant des difficultés à s’alimenter par voie orale
Quand a-t-on recours à la nutrition entérale ?
La nutrition entérale est indiquée lorsque l’alimentation orale ne permet plus de couvrir correctement les besoins de l’organisme, mais que le tube digestif conserve une fonction suffisante pour absorber les nutriments. C’est une alternative importante à la nutrition parentérale intraveineuse pour les patients nécessitant un soutien nutritionnel prolongé.
Principes de la nutrition entérale
Ce mode d’alimentation permet de délivrer les nutriments directement dans le tube digestif via une sonde (nasogastrique, nasojéjunale ou gastrostomie/jéjunostomie) et ainsi de couvrir l’apport en besoins nutritionnels quotidiens. Les avantages majeurs sont :
- Préservation des fonctions digestives : Maintient l’intégrité de la barrière intestinale et prévient l’atrophie gastrique
- Meilleure tolérance : Utilise la voie naturelle de l’appareil digestif plutôt qu’intraveineuse
- Coût-efficacité : Moins coûteuse que la nutrition parentérale
- Soutien physiologique : Stimule la production d’enzymes digestives et maintient la fonction intestinale
Risques majeurs de la dénutrition
L’état de santé d’un patient peut entraîner de façon transitoire une insuffisance d’apport nutritionnel. Durant cette période, le risque majeur est la dénutrition, qui présente des conséquences multiples et graves :
- Fonte musculaire : Perte progressive de la masse musculaire, affaiblissement général et diminution de l’autonomie fonctionnelle
- Fatigue et troubles cognitifs : Fatigue importante entraînant des difficultés de concentration, troubles de mémoire et difficulté à accomplir les activités habituelles
- Immunodéficience : Diminution des défenses de l’organisme et augmentation significative des infections secondaires (pneumonies, infections urinaires, septicémies)
- Ralentissement de la cicatrisation : Complications post-chirurgicales plus fréquentes et récupération prolongée
- Dégradation de la qualité de vie : Impact psychologique majeur, augmentation de l’isolement social et de la dépression
Indications de la nutrition entérale
La nutrition entérale est envisagée dans plusieurs situations cliniques bien définies :
- Incapacité à manger suffisamment : Dysphagie sévère, troubles de la déglutition, état de conscience altéré, nécessitant une alimentation entérale transitoire ou prolongée
- Besoins nutritionnels augmentés : Maladies chroniques, cancer, états hypercataboliques (sepsis, brûlures), traumatismes majeurs nécessitant des apports importants en calories et protéines
- Dénutrition confirmée : Perte de poids involontaire > 10% en 3 mois, indice de masse corporelle (IMC) < 18,5, ou signes biologiques de dénutrition validés par l’équipe médicale
- Récupération post-hospitalisation : Après chirurgie majeure ou traitements intensifs, pour soutenir la réalimentation et l’état nutritionnel
La nutrition entérale permet de soutenir l’organisme, de préserver les fonctions digestives et de limiter l’aggravation d’un état de dénutrition ou de déshydratation qui pourrait compromettre la récupération.
Dans quels contextes perfusion et nutrition entérale sont-elles utilisées ?
Perfusion et nutrition entérale sont utilisées dans de nombreux contextes cliniques, couvrant la plupart des pathologies chroniques et aiguës :
Contextes d’utilisation majeurs
- Au décours d’une hospitalisation : Pour sécuriser le retour à domicile après une chirurgie majeure, une infection grave ou une pathologie aiguë, en assurant la continuité des traitements et du soutien nutritionnel
- Maladies chroniques : Nécessitant des traitements intraveineux réguliers (antiviraux, immunothérapies) ou un soutien nutritionnel prolongé pour maintenir la qualité de vie
- Oncologie et hématologie : Pour accompagner certains traitements spécifiques (chimiothérapies, traitements ciblés), limiter la dénutrition et maintenir un état nutritionnel permettant de tolérer les thérapies
- Patients fragiles : Personnes âgées polypathologiques, enfants prématurés ou présentant des troubles de la déglutition, exposés à un risque important de dénutrition ou d’hydratation insuffisante
- Pathologies aiguës graves : États septiques, polytraumatismes, brûlures nécessitant une couverture nutritionnelle et hydrique optimale pour la survie
- Pathologies digestives : Malabsorption, intolérance digestive, syndrome du grêle court, nécessitant une nutrition adaptée
Rôle de l’équipe médicale dans la décision
C’est le médecin, en lien étroit avec les infirmiers, les diététiciens et les pharmaciens, qui détermine si une perfusion ou une nutrition entérale est indiquée, ainsi que les modalités les plus adaptées au profil du patient. Cette décision repose sur plusieurs critères importants :
- État clinique global : Gravité de la maladie, stabilité hémodynamique, fonction d’organes
- Fonction digestive : Présence ou absence d’une capacité d’absorption intestinale fonctionnelle
- Durée prévisible du traitement : Courte (quelques jours), intermédiaire (semaines) ou prolongée (mois à années)
- Préférences et qualité de vie du patient : Autonomie, impact psychosocial, implications familiales
- Ressources disponibles : Accès à un suivi médical et infirmier à domicile, soutien familial
- Contre-indications potentielles : Obstacles à la perfusion veineuse ou à la nutrition entérale
Comment le médecin pose le diagnostic ?
Après avoir identifié les indications cliniques, l’équipe soignante procède à une évaluation médicale et nutritionnelle précise afin de définir le traitement le plus adapté et sécurisé.
Étapes de l’évaluation médicale
L’équipe évalue plusieurs paramètres essentiels :
- État nutritionnel : Poids, IMC, signes de dénutrition, dosages biologiques
- Capacité digestive : Fonction gastro-intestinale normale ou compromise
- Besoins estimés : Calories, protéines et micronutriments selon poids, âge et pathologie
- Tolérance prédite : Risques d’intolérance digestive ou malabsorption
- Durée prévisible : Court, moyen ou long terme du traitement
Définition du traitement adapté
L’équipe définit précisément :
- Type de traitement : Perfusion seule, nutrition entérale seule, ou association des deux
- Débits et durées : Perfusion continue ou cyclique, horaires de nutrition entérale
- Objectifs : Maintenance, repletion ou support temporaire
- Dispositif médical : Type de cathéter ou sonde selon durée du traitement
- Formule nutritionnelle : Adaptée à la pathologie et aux besoins spécifiques
- Plan de suivi : Fréquence des réévaluations et paramètres à surveiller
Prochaines étapes : évaluer et définir le traitement
L’équipe médicale procède ensuite à une évaluation précise pour définir le traitement adapté à chaque situation. Consultez notre page sur le diagnostic et l’évaluation des besoins en perfusion et nutrition entérale pour en savoir plus sur comment vos besoins spécifiques sont évalués et comment le traitement est déterminé.
Ressources officielles et scientifiques
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace en aucun cas une consultation médicale ou un échange avec votre équipe soignante. Pour toute question concernant la perfusion ou la nutrition entérale, consultez votre médecin ou votre équipe soignante.
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FAQ
Dans quels cas une perfusion à domicile est-elle indiquée ?
Pourquoi mettre en place une nutrition entérale plutôt qu’augmenter simplement l’alimentation orale ?
Perfusion et nutrition entérale sont-elles forcément mises en place sur le long terme ?
Non, pas toujours. Selon la situation, perfusion et/ou nutrition entérale peuvent être :
- temporaires, par exemple après une chirurgie lourde, un épisode aigu ou une hospitalisation,
- ou prolongées, dans le cadre de maladies chroniques ou de situations où les apports oraux restent durablement insuffisants.
La durée est définie et réévaluée régulièrement par le médecin.
Qui décide de la mise en place d’une perfusion ou d’une nutrition entérale ?
C’est le médecin (hospitalier ou de ville), éventuellement en lien avec un diététicien et l’équipe de soins, qui décide de la mise en place d’une perfusion ou d’une nutrition entérale. Il s’appuie sur :
- l’état clinique du patient,
- les apports alimentaires réels,
- les bilans biologiques,
- et le risque ou la présence de dénutrition.
Les modalités (type de perfusion, type de nutrition, débits, objectifs) sont définies sur prescription médicale.
La perfusion et la nutrition entérale sont-elles réservées aux personnes âgées ?
Comment savoir si une nutrition entérale devient nécessaire ?
L’indication est discutée lorsque l’on constate :
- une perte de poids involontaire,
- une diminution notable des apports alimentaires,
- des difficultés à s’alimenter (troubles de la déglutition, douleurs, nausées…),
- et/ou des signes biologiques ou cliniques de dénutrition.
Le médecin et, le cas échéant, le diététicien, évaluent ces éléments pour déterminer si une nutrition entérale est indiquée, de façon exclusive ou en complément de l’alimentation orale.
Perfusion et nutrition entérale se font-elles uniquement à l’hôpital ?