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Apnées du sommeil et diabÚte : comprendre le lien et agir sur les deux

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Le diabĂšte de type 2 et les apnĂ©es du sommeil sont deux maladies chroniques trĂšs frĂ©quentes qui, loin d’ĂȘtre isolĂ©es, s’influencent mutuellement. En France, l’interconnexion entre ces deux pathologies est majeure : alors que plus de 4,2 millions de personnes vivent avec un diabĂšte de type 2 (HAS, juin 2025), environ 58 % d’entre elles souffrent Ă©galement d’un trouble respiratoire du sommeil (position conjointe SFD-SFRMS-SPLF, 2018). Cette forte corrĂ©lation impose aujourd’hui une prise en charge globale, puisque traiter l’une de ces affections permet d’amĂ©liorer directement l’autre.

À retenir

ApnĂ©es du sommeil et diabĂšte de type 2 s’aggravent mutuellement : environ 58 % des personnes vivant avec un DT2 prĂ©sentent un trouble respiratoire du sommeil, toutes formes confondues (SFD-SFRMS-SPLF, 2018).

  • Les apnĂ©es nocturnes induisent une insulinorĂ©sistance qui perturbe l’Ă©quilibre glycĂ©mique.
  • La PPC, traitement de rĂ©fĂ©rence du SAHOS, peut contribuer Ă  amĂ©liorer le contrĂŽle du diabĂšte.
  • Un dĂ©pistage ciblĂ© du SAHOS est recommandĂ© chez les personnes diabĂ©tiques prĂ©sentant des symptĂŽmes Ă©vocateurs.

ApnĂ©es du sommeil et diabĂšte de type 2 : comment les deux pathologies s’alimentent-elles ?

Le SAHOS (syndrome d’apnĂ©es-hypopnĂ©es obstructives du sommeil) et le diabĂšte de type 2 entretiennent un cercle vicieux. L’un aggrave l’autre, et cette relation est documentĂ©e indĂ©pendamment du seul facteur obĂ©sitĂ©. Le SAHOS se dĂ©finit par des interruptions rĂ©pĂ©tĂ©es de la respiration pendant le sommeil, avec au moins cinq Ă©pisodes par heure, liĂ©es Ă  un collapsus du pharynx. Ces Ă©pisodes entraĂźnent une baisse du taux d’oxygĂšne dans le sang, une activation du systĂšme nerveux autonome et une fragmentation du sommeil. Le syndrome d’apnĂ©es-hypopnĂ©es obstructives du sommeil peut longtemps passer inaperçu.

Le diabĂšte de type 2 (DT2) est une maladie mĂ©tabolique chronique caractĂ©risĂ©e par une hyperglycĂ©mie persistante. Elle rĂ©sulte d’une rĂ©sistance progressive des cellules Ă  l’insuline et d’un dĂ©ficit de sĂ©crĂ©tion pancrĂ©atique. Le diabĂšte de type 2 et le SAHOS partagent des facteurs de risque communs, en premier lieu l’obĂ©sitĂ© abdominale, mais leur lien dĂ©passe ce seul dĂ©nominateur.

La relation entre les deux pathologies est Ă  double sens. Un SAHOS non traitĂ© favorise l’apparition ou l’aggravation d’un DT2 via des mĂ©canismes mĂ©taboliques prĂ©cis. À l’inverse, le DT2 crĂ©e un terrain physiologique qui facilite le dĂ©veloppement du SAHOS. C’est ce que la position conjointe SFD-SFRMS-SPLF (2018) dĂ©crit comme un cercle vicieux auto-entretenu.

Pourquoi les personnes diabétiques sont-elles plus souvent touchées par les apnées du sommeil ?

Les personnes vivant avec un DT2 prĂ©sentent un risque nettement plus Ă©levĂ© de dĂ©velopper un SAHOS que la population gĂ©nĂ©rale. ComparĂ© Ă  des sujets non diabĂ©tiques, ce sur-risque relatif est estimĂ© Ă  20 Ă  50 % selon les cohortes et les critĂšres diagnostiques retenus (SFD-SFRMS-SPLF, 2018). Ce chiffre et le taux de 58 % citĂ© en introduction sont complĂ©mentaires : l’un mesure un sur-risque par rapport Ă  la population gĂ©nĂ©rale, l’autre une prĂ©valence observĂ©e toutes formes confondues dans les cohortes DT2. Chez les patients DT2 obĂšses, la prĂ©valence du SAHOS peut s’Ă©lever Ă  65 Ă  85 % selon cette mĂȘme position (SFD-SFRMS-SPLF, 2018).

Plusieurs mĂ©canismes expliquent cette surreprĂ©sentation. L’obĂ©sitĂ© abdominale, trĂšs frĂ©quente dans le DT2, entraĂźne une accumulation de tissu adipeux autour du pharynx qui obstrue les voies aĂ©riennes pendant le sommeil. La neuropathie autonome diabĂ©tique (l’atteinte des nerfs qui rĂ©gulent les fonctions automatiques du corps) peut perturber la commande respiratoire nocturne et modifier la rĂ©ponse aux Ă©pisodes d’hypoxĂ©mie. Certaines complications du DT2, comme l’insuffisance rĂ©nale ou l’insuffisance cardiaque, favorisent aussi une redistribution liquidienne nocturne qui aggrave le collapsus pharyngĂ©.

Ces mĂ©canismes se cumulent souvent chez un mĂȘme patient, ce qui explique la frĂ©quence Ă©levĂ©e des comorbiditĂ©s SAHOS et DT2 dans les services de diabĂ©tologie et de pneumologie.

Quels symptÎmes et facteurs de risque sont partagés par les deux pathologies ?

Plusieurs signes cliniques et facteurs de risque sont communs au SAHOS et au DT2, ce qui peut compliquer leur détection respective. Le tableau ci-dessous résume les principaux points de convergence et les éléments distinctifs.

ÉlĂ©mentSAHOSDiabĂšte de type 2
Obésité abdominaleFacteur de risque majeurFacteur de risque majeur
Fatigue diurne inexpliquéeSigne cardinalSymptÎme fréquent
Hypertension résistanteSigne associé fréquentComplication possible
Ronflements nocturnesSigne évocateur principalNon lié directement
Nycturie (levers nocturnes)Signe associéSigne possible (polyurie)
DifficultĂ©s de concentrationSigne diurne frĂ©quentPossible lors d’hypoglycĂ©mies

La prĂ©sence de fatigue diurne et d’hypertension rĂ©sistante chez un patient DT2 doit attirer l’attention du mĂ©decin sur une possible association avec le SAHOS. Ces signes, pris isolĂ©ment, peuvent ĂȘtre attribuĂ©s au seul diabĂšte, ce qui retarde parfois le diagnostic des apnĂ©es.

Comment les apnĂ©es du sommeil perturbent-elles l’Ă©quilibre glycĂ©mique ?

Les apnĂ©es du sommeil dĂ©rĂšglent l’Ă©quilibre glycĂ©mique par plusieurs voies physiologiques distinctes, toutes documentĂ©es dans la littĂ©rature mĂ©dicale. Le mĂ©canisme central est l’hypoxĂ©mie intermittente : Ă  chaque apnĂ©e, le taux d’oxygĂšne dans le sang chute. Cette chute active le systĂšme nerveux sympathique, qui libĂšre des hormones de stress (cortisol et adrĂ©naline) en quantitĂ©s anormalement Ă©levĂ©es pendant la nuit.

Ces hormones de stress ont un effet direct sur la glycĂ©mie. Elles augmentent la production de glucose par le foie et rĂ©duisent la sensibilitĂ© des cellules Ă  l’insuline (c’est l’insulinorĂ©sistance). Un patient DT2 souffrant de SAHOS non traitĂ© se retrouve dans un Ă©tat d’insulinorĂ©sistance chronique, maintenu nuit aprĂšs nuit. Ce dĂ©sĂ©quilibre rend le contrĂŽle glycĂ©mique plus difficile, mĂȘme avec un traitement antidiabĂ©tique adaptĂ©.

La fragmentation du sommeil aggrave ce tableau. Les micro-Ă©veils rĂ©pĂ©tĂ©s perturbent les phases de sommeil profond et de sommeil paradoxal. Ce dernier, dit sommeil REM, intervient dans la rĂ©gulation des hormones mĂ©taboliques : les apnĂ©es qui s’y produisent sont les plus sĂ©vĂšres sur le plan mĂ©tabolique. La revue de Strollo et al. publiĂ©e dans le Journal of Clinical Medicine (2025) confirme que ces Ă©pisodes surviennent principalement en seconde moitiĂ© de nuit. C’est l’une des raisons pour lesquelles interrompre la PPC en cours de nuit est dĂ©conseillĂ© chez les personnes diabĂ©tiques.

Dr Vincent Puel, MĂ©decin Cardiologue — Les hypopnĂ©es, apnĂ©es et micro-rĂ©veils

Quand faut-il dépister les apnées du sommeil en cas de diabÚte ?

En France, le dĂ©pistage du SAHOS chez une personne diabĂ©tique n’est pas systĂ©matique. Il est cependant recommandĂ© dĂšs que certains signaux cliniques sont prĂ©sents. Le guide HAS (juin 2025) sur le parcours de soins du patient adulte vivant avec un DT2 prĂ©cise les situations qui justifient ce bilan. Le dĂ©pistage doit ĂȘtre envisagĂ© en prĂ©sence d’une somnolence diurne inexpliquĂ©e ou d’au moins deux des signes suivants :

  • Ronflements bruyants signalĂ©s par l’entourage, audibles Ă  travers les portes.
  • ApnĂ©es observĂ©es par le conjoint pendant le sommeil.
  • Nycturie : besoin de se lever pour uriner plusieurs fois par nuit.
  • Fatigue diurne persistante malgrĂ© une durĂ©e de sommeil suffisante.
  • DifficultĂ©s de concentration ou de mĂ©moire en journĂ©e.

La position conjointe SFD-SFRMS-SPLF (2018) recommande une stratĂ©gie de dĂ©pistage en deux Ă©tapes. La premiĂšre repose sur un questionnaire clinique validĂ© : le questionnaire de Berlin ou les huit questions spĂ©cifiques au diabĂšte. En cas de suspicion, un enregistrement du sommeil est rĂ©alisĂ© : polygraphie ventilatoire ambulatoire ou polysomnographie. La FĂ©dĂ©ration Internationale du DiabĂšte recommande ce questionnaire de dĂ©pistage chez tous les patients DT2. La dĂ©cision reste mĂ©dicale et s’adapte au profil de chaque personne.

Certains profils justifient une vigilance renforcĂ©e : patients DT2 avec hypertension artĂ©rielle rĂ©sistante au traitement, rĂ©tinopathie Ă©volutive, insuffisance rĂ©nale d’Ă©volution rapide, ou forte insulinorĂ©sistance. Ces situations sont explicitement listĂ©es par la SFD (2019) comme des indications prioritaires de dĂ©pistage.

La PPC peut-elle contribuer à améliorer le contrÎle du diabÚte ?

La PPC (pression positive continue) est le traitement de rĂ©fĂ©rence du SAHOS modĂ©rĂ© Ă  sĂ©vĂšre. Elle maintient les voies aĂ©riennes ouvertes pendant le sommeil grĂące Ă  un flux d’air dĂ©livrĂ© par un masque nasal ou facial. Au-delĂ  de ses bĂ©nĂ©fices sur la somnolence et la qualitĂ© de vie, la PPC peut avoir un effet favorable sur l’Ă©quilibre glycĂ©mique des personnes diabĂ©tiques.

Le traitement par PPC a Ă©tĂ© Ă©valuĂ© dans une mĂ©ta-analyse publiĂ©e dans l’European Respiratory Journal (Labarca et al., 2023). Cette analyse porte sur 11 essais randomisĂ©s et 964 patients. Elle montre que la PPC rĂ©duit en moyenne le taux d’HbA1c de 0,24 point, avec un intervalle de confiance de −0,43 Ă  −0,06 (p = 0,001). L’HbA1c est le marqueur de l’Ă©quilibre glycĂ©mique sur les trois mois prĂ©cĂ©dents. Cet effet est dose-dĂ©pendant : plus la PPC est utilisĂ©e de façon prolongĂ©e chaque nuit, plus le bĂ©nĂ©fice glycĂ©mique est important.

Cette rĂ©duction de 0,24 point d’HbA1c doit ĂȘtre interprĂ©tĂ©e avec prudence. Elle reste modeste en valeur absolue, et les Ă©tudes individuelles montrent des rĂ©sultats variables selon les populations. La PPC ne se substitue pas au traitement antidiabĂ©tique. Elle reprĂ©sente un outil complĂ©mentaire dans une prise en charge globale. Les bĂ©nĂ©fices du traitement par PPC sont conditionnĂ©s par une observance suffisante (gĂ©nĂ©ralement au moins quatre heures par nuit) et un suivi mĂ©dical rĂ©gulier.

Accompagnement Ă  domicile : quand deux traitements relĂšvent du mĂȘme prestataire

Chez un patient souffrant à la fois du SAHOS et du diabÚte de type 2, les deux pathologies font appel à des dispositifs médicaux gérés à domicile. Ces deux traitements relÚvent du champ des prestataires de santé à domicile (PSAD).

Lorsqu’un mĂ©decin prescrit une PPC Ă  un patient diabĂ©tique, un technicien intervient au domicile pour installer l’appareil. Il explique le fonctionnement du masque, montre les gestes d’entretien et rĂ©pond aux questions. Ce suivi Ă  domicile, effectuĂ© dans le respect de la prescription mĂ©dicale, inclut des visites rĂ©guliĂšres. Le technicien vĂ©rifie l’observance du traitement, ajuste le confort du masque et accompagne le patient dans la durĂ©e.

Pour les personnes qui gĂšrent aussi les traitements du diabĂšte Ă  domicile, disposer d’un interlocuteur unique pour les deux dispositifs peut simplifier l’organisation du quotidien. Cet accompagnement technique ne remplace pas le suivi mĂ©dical et spĂ©cialisĂ©. Le mĂ©decin traitant, l’endocrinologue et le pneumologue restent les rĂ©fĂ©rents pour toutes les dĂ©cisions thĂ©rapeutiques.

Questions fréquentes sur les apnées du sommeil et le diabÚte

Est-ce que le diabÚte peut provoquer des apnées du sommeil ?

Le diabĂšte de type 2 ne provoque pas directement les apnĂ©es du sommeil, mais il constitue un facteur favorisant important. La neuropathie autonome diabĂ©tique (l’atteinte des nerfs qui rĂ©gulent les fonctions automatiques du corps) peut perturber la commande respiratoire nocturne. L’obĂ©sitĂ© abdominale, frĂ©quente dans le diabĂšte de type 2, est le principal facteur de risque commun aux deux pathologies. Selon la position conjointe SFD-SFRMS-SPLF (2018), le sur-risque relatif de dĂ©velopper un SAHOS est estimĂ© Ă  20 Ă  50 % par rapport Ă  la population gĂ©nĂ©rale non diabĂ©tique, selon les cohortes et les critĂšres diagnostiques, et peut atteindre 65 Ă  85 % chez les DT2 obĂšses. Pour toute question sur ce lien, le mĂ©decin traitant peut Ă©valuer la situation individuelle et orienter vers un spĂ©cialiste.

L’apnĂ©e du sommeil aggrave-t-elle le diabĂšte de type 2 ?

Oui. Les Ă©pisodes d’apnĂ©e provoquent une baisse rĂ©pĂ©tĂ©e du taux d’oxygĂšne dans le sang pendant la nuit. Cette hypoxĂ©mie active le systĂšme nerveux sympathique, qui libĂšre des hormones de stress (cortisol et adrĂ©naline), augmentant directement la glycĂ©mie et rĂ©duisant la sensibilitĂ© Ă  l’insuline. Un SAHOS non traitĂ© maintient un Ă©tat d’insulinorĂ©sistance chronique qui complique l’Ă©quilibre glycĂ©mique mĂȘme avec un traitement antidiabĂ©tique adaptĂ©. La revue de Strollo et al. publiĂ©e dans le Journal of Clinical Medicine (2025) confirme ce lien indĂ©pendant de l’obĂ©sitĂ©. Un mĂ©decin peut orienter vers un bilan du sommeil pour Ă©valuer cette interaction chez une personne concernĂ©e.

Quel est le lien entre obésité, apnées du sommeil et diabÚte ?

L’obĂ©sitĂ© abdominale est le facteur de risque commun aux deux pathologies. Elle favorise l’accumulation de tissu adipeux autour du pharynx, qui obstrue les voies aĂ©riennes pendant le sommeil et provoque les apnĂ©es. Elle induit Ă©galement une rĂ©sistance Ă  l’insuline, terrain propice au dĂ©veloppement du diabĂšte de type 2. Cependant, la revue de Strollo et al. publiĂ©e dans le Journal of Clinical Medicine (2025) confirme que le lien entre SAHOS et DT2 persiste mĂȘme en l’absence d’obĂ©sitĂ©. Cela suggĂšre des mĂ©canismes supplĂ©mentaires, liĂ©s Ă  l’hypoxĂ©mie intermittente et Ă  la fragmentation du sommeil, indĂ©pendamment du poids.

La PPC améliore-t-elle la glycémie chez les personnes diabétiques ?

Oui, en partie. Une mĂ©ta-analyse portant sur 11 essais randomisĂ©s et 964 patients, publiĂ©e dans l’European Respiratory Journal (Labarca et al., 2023), montre que le traitement par PPC rĂ©duit en moyenne le taux d’HbA1c de 0,24 point. Cet effet est dose-dĂ©pendant : plus la PPC est utilisĂ©e de façon prolongĂ©e chaque nuit, plus le bĂ©nĂ©fice glycĂ©mique est important. La PPC amĂ©liore aussi la sensibilitĂ© Ă  l’insuline. Pour autant, cette rĂ©duction reste modeste en valeur absolue et la PPC ne se substitue pas au traitement antidiabĂ©tique prescrit par le mĂ©decin. Elle constitue un traitement complĂ©mentaire dans une prise en charge globale.

Comment savoir si je souffre d’apnĂ©es du sommeil quand je suis diabĂ©tique ?

Chez une personne diabĂ©tique, un mĂ©decin peut Ă©voquer la piste du SAHOS en prĂ©sence d’une somnolence diurne inexpliquĂ©e, ou d’au moins deux signes parmi : ronflements bruyants signalĂ©s par l’entourage, nycturie (besoin frĂ©quent d’uriner la nuit), fatigue persistante en journĂ©e, difficultĂ©s de concentration, ou sensation d’Ă©touffement pendant le sommeil. Selon le guide HAS de juin 2025, le dĂ©pistage repose sur un questionnaire clinique validĂ©, suivi si nĂ©cessaire d’un enregistrement du sommeil (polygraphie ventilatoire ou polysomnographie). Seul le mĂ©decin traitant peut initier ce bilan et dĂ©cider d’une orientation vers un spĂ©cialiste du sommeil.

Doit-on systématiquement dépister les apnées du sommeil en cas de diabÚte de type 2 ?

En France, le dĂ©pistage n’est pas systĂ©matique pour tous les diabĂ©tiques de type 2. La HAS (juin 2025) et la position conjointe SFD-SFRMS-SPLF (2018) recommandent un dĂ©pistage ciblĂ©, orientĂ© vers les personnes prĂ©sentant des symptĂŽmes Ă©vocateurs ou des facteurs de risque associĂ©s : obĂ©sitĂ©, hypertension artĂ©rielle rĂ©sistante, rĂ©tinopathie, forte insulinorĂ©sistance ou fatigue diurne inexpliquĂ©e. La FĂ©dĂ©ration Internationale du DiabĂšte va plus loin et prĂ©conise un questionnaire de dĂ©pistage chez tous les patients diabĂ©tiques de type 2. La dĂ©cision appartient au mĂ©decin, qui adapte l’indication au profil de chaque patient et peut proposer une polygraphie ventilatoire ambulatoire en premiĂšre intention.

Les apnĂ©es du sommeil et le diabĂšte de type 2 ne sont pas deux maladies Ă  gĂ©rer en parallĂšle de façon isolĂ©e. Leur interaction est documentĂ©e, bidirectionnelle, et peut peser sur l’Ă©quilibre glycĂ©mique quotidien d’une personne diabĂ©tique qui ne saurait pas qu’elle souffre aussi d’un SAHOS. DĂ©pister les apnĂ©es du sommeil, traiter le SAHOS et veiller Ă  l’observance de la PPC s’inscrivent dans une prise en charge globale. Ces actions bĂ©nĂ©ficient conjointement au sommeil et Ă  l’Ă©quilibre glycĂ©mique. Pour toute question sur les symptĂŽmes des apnĂ©es du sommeil ou sur leur impact sur le diabĂšte, le mĂ©decin traitant est l’interlocuteur de rĂ©fĂ©rence.

Sources

  1. HAS, Parcours de soins du patient adulte vivant avec un diabĂšte de type 2, juin 2025
  2. SFD, SFRMS, SPLF, Prise en charge du syndrome d’apnĂ©es obstructives du sommeil chez la personne vivant avec un diabĂšte : contexte, dĂ©pistage, indications et modalitĂ©s de traitement, MĂ©decine des maladies MĂ©taboliques, 2018
  3. Labarca G et al., Effects of continuous positive airway pressure therapy on glucose metabolism in patients with obstructive sleep apnoea and type 2 diabetes: a systematic review and meta-analysis, European Respiratory Journal, 2023 (PMID 37673425)
  4. Strollo F et al., Obstructive Sleep Apnea and Type 2 Diabetes: An Update, Journal of Clinical Medicine, 2025 (PMID 40807193)

À propos de ce contenu

Date de publication : 27/05/2026
DerniĂšre mise Ă  jour : 27/05/2026
Rédigé à partir de sources institutionnelles et peer-reviewed (HAS, SPLF, PubMed), selon un protocole éditorial de fact-checking documenté.

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En cas de symptĂŽmes :

Ce contenu est fourni Ă  titre informatif et ne remplace en aucun cas une consultation mĂ©dicale. Si vous prĂ©sentez des symptĂŽmes d’insuffisance respiratoire, consultez rapidement un mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste ou un pneumologue pour un diagnostic professionnel et un traitement adaptĂ© Ă  votre situation.