Skip to content

Changement d’heure : y-a-t-il impact sur le sommeil ?

Progression de la lecture

Deux fois par an, les horloges de millions de Français sont avancĂ©es ou reculĂ©es d’une heure. Une routine bien ancrĂ©e depuis des dĂ©cennies, mais dont les effets sur la santĂ© sont loin d’ĂȘtre anodins. Alors que le passage Ă  l’heure d’hiver aura lieu dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre 2025, qu’en est-il rĂ©ellement de l’impact sur notre sommeil et notre organisme ?

Pourquoi change-t-on encore d’heure en 2025 ?

Le changement d’heure a Ă©tĂ© instaurĂ© en France en 1976, Ă  la suite du premier choc pĂ©trolier. Son objectif principal Ă©tait d’économiser de l’énergie en rĂ©duisant l’éclairage artificiel en soirĂ©e : en dĂ©calant l’heure, on bĂ©nĂ©ficiait davantage de la lumiĂšre naturelle. Cette logique s’est ensuite gĂ©nĂ©ralisĂ©e Ă  toute l’Union europĂ©enne dans les annĂ©es 1980, avec des dates harmonisĂ©es Ă  partir de 2002.

Mais depuis plusieurs annĂ©es, son intĂ©rĂȘt est largement remis en question. Les Ă©conomies d’énergie rĂ©alisĂ©es aujourd’hui sont jugĂ©es faibles, en raison notamment de l’évolution des usages (meilleure performance Ă©nergĂ©tique des ampoules, chauffage et climatisation plus Ă©nergivores). ParallĂšlement, les effets nĂ©gatifs sur la santĂ©, notamment sur le sommeil, l’humeur, les troubles cardiovasculaires ou la concentration, sont de mieux en mieux documentĂ©s.

En 2019, une vaste consultation citoyenne europĂ©enne a Ă©tĂ© organisĂ©e. Elle a rĂ©uni plus de 4,6 millions de participants, dont 84 % se sont prononcĂ©s en faveur de la suppression du changement d’heure. En mars 2019, le Parlement europĂ©en a votĂ© Ă  une large majoritĂ© pour mettre fin au changement d’heure saisonnier Ă  partir de 2021, laissant Ă  chaque pays membre le choix de rester Ă  l’heure d’étĂ© ou Ă  l’heure d’hiver.

Cependant, la suppression n’a jamais Ă©tĂ© mise en Ɠuvre, notamment en raison de l’arrivĂ©e de la pandĂ©mie de Covid-19, qui a gelĂ© les discussions entre États membres. Depuis, la crise Ă©nergĂ©tique et les dĂ©saccords entre pays europĂ©ens sur l’heure de rĂ©fĂ©rence Ă  adopter (heure d’hiver ou heure d’étĂ©) ont retardĂ© toute dĂ©cision.

RĂ©sultat : en octobre 2025, le changement d’heure est toujours en vigueur dans toute l’Union europĂ©enne. La question reste Ă  l’ordre du jour Ă  Bruxelles, mais aucune harmonisation dĂ©finitive n’a Ă©tĂ© actĂ©e Ă  ce jour. En France, l’heure lĂ©gale continue donc de changer deux fois par an : le dernier dimanche de mars (passage Ă  l’heure d’étĂ©) et le dernier dimanche d’octobre (retour Ă  l’heure d’hiver).

Changement d’heure : Des perturbations visibles sur le sommeil

MĂȘme si l’on gagne officiellement une heure de sommeil lors du passage Ă  l’heure d’hiver Ă  l’automne, ce changement apparemment anodin peut dĂ©synchroniser l’horloge biologique, en particulier chez les personnes sensibles (enfants, personnes ĂągĂ©es, personnes souffrant de troubles du sommeil ou de pathologies chroniques).

L’horloge interne, situĂ©e dans l’hypothalamus, rĂ©gule notre rythme circadien sur environ 24 heures. Ce rythme est influencĂ© par des facteurs environnementaux, principalement la lumiĂšre du jour. Modifier brutalement l’heure lĂ©gale perturbe cette rĂ©gulation naturelle, surtout lorsque les journĂ©es raccourcissent.
L’organisme, rĂ©glĂ© sur un rythme stable, met plusieurs jours Ă  s’ajuster Ă  la nouvelle heure. Cela peut provoquer des difficultĂ©s Ă  s’endormir, mĂȘme si l’on se couche Ă  une heure « normale » selon la nouvelle horloge. La production de mĂ©latonine, hormone du sommeil, peut ĂȘtre retardĂ©e par le changement de luminositĂ© et le dĂ©calage imposĂ©.

À l’automne, il fait jour plus tĂŽt, ce qui peut rĂ©veiller prĂ©maturĂ©ment certaines personnes, surtout si leur chambre n’est pas bien obscurcie. RĂ©sultat : le sommeil est interrompu et moins rĂ©parateur.

MĂȘme si le dĂ©calage n’est que d’une heure, il gĂ©nĂšre une forme de « jet lag social » : une dĂ©synchronisation entre le rythme interne et les contraintes sociales (Ă©cole, travail). Cette dette de sommeil transitoire peut se traduire par une fatigue persistante, notamment en dĂ©but de semaine suivant le changement.

IrritabilitĂ©, troubles de la concentration, baisse de motivation ou de moral sont frĂ©quents, en particulier lors du passage Ă  l’heure d’hiver, qui coĂŻncide avec une rĂ©duction importante de la lumiĂšre naturelle. Chez certaines personnes, cela peut favoriser ou aggraver un trouble affectif saisonnier (dĂ©pression hivernale).

Pourquoi ce changement perturbe-t-il autant ?

Notre sommeil est profondĂ©ment influencĂ© par un rythme circadien, un cycle biologique d’environ 24 heures, rĂ©gulĂ© principalement par l’exposition Ă  la lumiĂšre naturelle. Ce rythme contrĂŽle non seulement les phases de sommeil et d’éveil, mais aussi des fonctions physiologiques essentielles comme :

  • La sĂ©crĂ©tion de mĂ©latonine, hormone clĂ© du sommeil produite en l’absence de lumiĂšre,
  • La tempĂ©rature corporelle,
  • La libĂ©ration de cortisol, qui influence notre vigilance,
  • Le mĂ©tabolisme, l’appĂ©tit, la digestion,
  • Et mĂȘme les cycles de rĂ©paration cellulaire.

Lorsque nous passons brutalement d’une heure Ă  une autre, ce systĂšme, finement rĂ©glĂ©, se retrouve dĂ©synchronisĂ©. RĂ©sultat : notre corps ne comprend plus quand il doit se reposer ou ĂȘtre actif. Et comme nos repĂšres sociaux (heure du lever, des repas, du travail, etc.) changent du jour au lendemain, cette adaptation rapide reprĂ©sente une forme de stress physiologique.

Chez les personnes les plus sensibles, il faut jusqu’à une semaine pour retrouver un rythme naturel stable, avec un sommeil rĂ©parateur. Cette transition peut s’accompagner de baisse d’énergie, irritabilitĂ©, problĂšmes digestifs ou troubles de l’humeur, parfois comparables aux effets du dĂ©calage horaire aprĂšs un vol long-courrier.

Qui est le plus affectĂ© par le changement d’heure ?

Certaines catĂ©gories de population sont plus vulnĂ©rables face au changement d’heure, en raison d’une sensibilitĂ© accrue aux rythmes biologiques ou d’une moindre capacitĂ© d’adaptation.


Leur horloge biologique est trĂšs stable et prĂ©visible. Un dĂ©calage d’une heure peut provoquer des troubles du sommeil, de l’agitation, une perte d’appĂ©tit ou des difficultĂ©s de concentration Ă  l’école. Le rythme veille/sommeil chez l’enfant Ă©tant encore en construction, il rĂ©agit plus vivement Ă  ces changements.

Elles dorment souvent moins longtemps et plus lĂ©gĂšrement. Leur organisme est aussi plus sensible Ă  la baisse de luminositĂ©, ce qui accentue les effets du passage Ă  l’heure d’hiver (somnolence diurne, rĂ©veils nocturnes, sensation de froid).


Le moindre dĂ©sĂ©quilibre de l’horloge interne peut aggraver les troubles existants. Le changement d’heure peut accentuer les symptĂŽmes de l’insomnie, mais aussi dĂ©clencher des Ă©pisodes de dĂ©pression hivernale.


DĂ©jĂ  sujets Ă  une dĂ©synchronisation chronique, ces professionnels voient leur rythme encore plus bouleversĂ©. Le changement d’heure ajoute un effort d’adaptation supplĂ©mentaire Ă  un organisme dĂ©jĂ  en lutte contre ses rythmes naturels.

Heure d’hiver : moins de lumiùre, plus de troubles

L’arrivĂ©e de l’heure d’hiver marque une chute brutale de la luminositĂ© en fin de journĂ©e. Or, la lumiĂšre est le principal synchroniseur de notre horloge biologique. Cette baisse d’exposition Ă  la lumiĂšre du jour peut entraĂźner :

  • Une augmentation de la fatigue chronique, liĂ©e Ă  une sĂ©crĂ©tion perturbĂ©e de mĂ©latonine et Ă  une baisse de vigilance en fin de journĂ©e.
  • Des troubles affectifs saisonniers (TAS), une forme de dĂ©pression liĂ©e Ă  la diminution de l’ensoleillement, avec apathie, perte d’intĂ©rĂȘt, sommeil excessif, etc.
  • Une carence en vitamine D, essentielle pour l’immunitĂ©, la santĂ© osseuse et l’humeur. En automne-hiver, la peau ne synthĂ©tise plus suffisamment cette vitamine par exposition au soleil.
  • Une baisse de motivation, accentuĂ©e par la nuit qui tombe tĂŽt, rĂ©duisant les occasions de sortir, faire du sport ou maintenir des interactions sociales.

Une rĂ©alitĂ© encore plus marquĂ©e chez les personnes travaillant de nuit, dont l’horloge interne est durablement mise Ă  l’épreuve.

Ces effets peuvent ĂȘtre attĂ©nuĂ©s par une exposition quotidienne Ă  la lumiĂšre naturelle ou par des sĂ©ances de luminothĂ©rapie. 

Comment bien vivre le changement d’heure ?

MĂȘme si cette transition semble minime, de petits ajustements dans nos habitudes peuvent grandement aider Ă  en attĂ©nuer les effets. D’autant plus que la rentrĂ©e scolaire coĂŻncide souvent avec le changement d’heure, une pĂ©riode charniĂšre oĂč les rythmes des enfants sont mis Ă  l’épreuve et oĂč l’instauration de routines de sommeil devient primordiale. Voici des conseils :

Avant le changement : Décalez progressivement vos horaires
Anticipez le changement en modifiant votre heure de coucher, de lever et de repas de 15 à 20 minutes par jour, 3 à 5 jours avant le jour J. Cela permet à votre horloge interne de s’ajuster en douceur.

Le jour J : Exposez-vous Ă  la lumiĂšre du jour dĂšs le matin
Sortez marcher, ouvrez les rideaux, mĂȘme si le ciel est gris : la lumiĂšre naturelle, mĂȘme diffuse, reste 10 Ă  100 fois plus puissante que l’éclairage intĂ©rieur.

Levez-vous à l’heure habituelle
MĂȘme si vous « gagnez » une heure de sommeil, Ă©vitez de trop prolonger votre nuit. Cela risque de perturber la transition.

Évitez les Ă©crans et la lumiĂšre bleue en soirĂ©e
Téléphones, tablettes et téléviseurs émettent une lumiÚre qui retarde la production de mélatonine. Préférez des activités calmes, sans écran, dans une lumiÚre tamisée.

Dßnez léger et limitez les excitants
Évitez le cafĂ©, le thĂ© ou les repas trop copieux aprĂšs 17-18h. Un repas lĂ©ger aide Ă  l’endormissement.

Faites de l’activitĂ© physique… au bon moment !
Le sport favorise un bon sommeil, mais Ă©vitez les efforts intenses aprĂšs 18h pour ne pas retarder l’endormissement.

Et si c’était le dernier changement d’heure ?

Depuis 2018, le dĂ©bat sur la suppression du changement d’heure fait rĂ©guliĂšrement surface. En 2019, 84 % des EuropĂ©ens ayant participĂ© Ă  une consultation publique ont exprimĂ© leur souhait d’y mettre fin.

Le Parlement europĂ©en a votĂ© en 2019 pour la fin du changement d’heure saisonnier, laissant aux États membres le choix de conserver l’heure d’étĂ© ou d’hiver. Toutefois, la mise en Ɠuvre a Ă©tĂ© repoussĂ©e Ă  plusieurs reprises, d’abord en raison de la pandĂ©mie de COVID-19, puis des crises Ă©conomiques et Ă©nergĂ©tiques. En 2025, aucune dĂ©cision harmonisĂ©e n’a encore Ă©tĂ© actĂ©e, et les pays continuent de changer d’heure deux fois par an.

En attendant une dĂ©cision dĂ©finitive, il est donc essentiel de prĂ©parer son corps Ă  ces transitions, car le sommeil reste un pilier fondamental de notre santĂ© physique et mentale. Le changement d’heure peut perturber le sommeil et la qualitĂ© des nuits et c’est aussi le moment idĂ©al pour porter attention Ă  ses rĂȘves et Ă  ce qu’ils peuvent rĂ©vĂ©ler…

Le rĂŽle du PSAD

Le changement d’heure, qu’il s’agisse du passage Ă  l’heure d’étĂ© ou d’hiver, perturbe le rythme circadien et peut entraĂźner des troubles du sommeil, notamment chez les personnes fragiles ou suivies Ă  domicile pour des pathologies chroniques ou respiratoires. Le PSAD (Prestataire de SantĂ© À Domicile) joue un rĂŽle important dans la continuitĂ© des soins et le soutien aux patients affectĂ©s par ces changements.

Le PSAD peut notamment :

  • surveiller les troubles du sommeil ou l’aggravation de symptĂŽmes liĂ©s au dĂ©calage horaire,

  • accompagner l’utilisation et l’entretien des dispositifs mĂ©dicaux nocturnes (PPC, oxygĂ©nothĂ©rapie) pour maintenir un sommeil rĂ©parateur malgrĂ© le changement d’heure,

  • sensibiliser aux bonnes pratiques d’hygiĂšne du sommeil pour faciliter l’adaptation,

  • repĂ©rer la fatigue excessive ou les effets secondaires qui nĂ©cessitent l’avis d’un mĂ©decin,

  • fournir un soutien Ă©ducatif et technique pour limiter l’impact du changement d’heure sur la santĂ© et le bien-ĂȘtre quotidien.

Ainsi, le rÎle du PSAD combine suivi technique, vigilance et conseils pratiques pour préserver la qualité du sommeil.

FAQ - Sommeil et changement d’heure

Le changement d’heure perturbe-t-il tout le monde de la mĂȘme maniĂšre ?
Non. Certaines personnes s’adaptent rapidement, tandis que d’autres, notamment les enfants, les personnes ĂągĂ©es ou les patients souffrant de troubles du sommeil, peuvent prĂ©senter des difficultĂ©s d’endormissement et des rĂ©veils frĂ©quents.

Quels effets peuvent apparaütre aprùs le changement d’heure ?
Fatigue diurne, troubles de concentration, irritabilité, perturbation du cycle veille-sommeil et, chez certaines personnes, aggravation des troubles respiratoires nocturnes.

Comment faciliter l’adaptation au changement d’heure ?
Respecter une routine rĂ©guliĂšre de sommeil, s’exposer Ă  la lumiĂšre naturelle le matin, Ă©viter les stimulants le soir et ajuster progressivement les horaires de coucher et de rĂ©veil.

Les troubles liĂ©s au changement d’heure sont-ils dangereux ?
Chez la plupart des personnes, les effets sont temporaires. Toutefois, chez les patients fragiles ou souffrant de maladies chroniques, une fatigue prolongée peut aggraver certains symptÎmes et nécessiter une vigilance particuliÚre.

Les appareils médicaux de sommeil peuvent-ils aider ?
Oui. Le maintien d’une utilisation correcte de la PPC, de la ventilation ou de l’oxygĂ©nothĂ©rapie contribue Ă  limiter l’impact du changement d’heure sur la qualitĂ© du sommeil.

Quand faut-il consulter ?
Si la fatigue persiste au-delĂ  de quelques jours, si les troubles du sommeil s’aggravent, ou si d’autres symptĂŽmes apparaissent, il est conseillĂ© de consulter un professionnel de santĂ©.

Conclusion

Le changement d’heure a un impact rĂ©el sur le sommeil et le rythme biologique. Adapter progressivement ses horaires, maintenir de bonnes habitudes de sommeil et utiliser correctement les dispositifs mĂ©dicaux pour les patients concernĂ©s permet de limiter les effets nĂ©gatifs. Le suivi par le PSAD et le mĂ©decin assure la continuitĂ© des soins et la sĂ©curitĂ© du sommeil, surtout chez les personnes fragiles ou Ă  risque.

Anticipez vos horaires de coucher et de réveil, observez vos habitudes et parlez-en à votre médecin si la fatigue ou les troubles du sommeil persistent.


S’informer sur le rythme circadien et les effets du dĂ©calage horaire permet d’adopter des stratĂ©gies simples pour prĂ©server la qualitĂ© de son sommeil.

sommaire

En cas de symptĂŽmes :

Ce contenu est fourni Ă  titre informatif et ne remplace en aucun cas une consultation mĂ©dicale. Si vous prĂ©sentez des symptĂŽmes d’insuffisance respiratoire, consultez rapidement un mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste ou un pneumologue pour un diagnostic professionnel et un traitement adaptĂ© Ă  votre situation.