L’algie vasculaire de la face (AVF) provoque des crises de douleur extrême, localisées autour de l’œil et de la tempe, qui surviennent plusieurs fois par jour pendant des semaines. L’oxygénothérapie à haut débit occupe une place centrale dans la prise en charge de ces crises. Recommandée en première intention par la SFEMC (Société Française de la Migraine et des Céphalées) et par les guidelines européens de l’EAN (2023), elle agit rapidement et présente une tolérance favorable. Ce traitement, prescrit par un neurologue, un ORL ou un médecin de centre antidouleur, s’administre à domicile au moyen d’un masque à haute concentration.
À retenir
L’oxygénothérapie est un traitement de première intention de la crise d’algie vasculaire de la face, recommandé par la SFEMC et l’EAN au même titre que le sumatriptan injectable.
- Selon un essai contrôlé randomisé (Cohen et al., JAMA, 2009), environ 78 % des crises sont soulagées en 15 minutes sous oxygène à haut débit.
- L’oxygène ne présente pas de limite de fréquence quotidienne, contrairement au sumatriptan injectable.
- La prescription initiale est réservée au neurologue, à l’ORL ou au médecin d’un centre de la douleur.
Qu’est-ce que l’algie vasculaire de la face ?
Une céphalée rare d’une intensité extrême
L’algie vasculaire de la face est une céphalée primaire rare, définie selon les critères internationaux de l’ICHD-3. Elle touche environ 0,1 % de la population selon la SFEMC (2024), avec un pic de survenue autour de 30 ans et une prédominance masculine (3 à 4 hommes pour 1 femme). Les crises durent de 15 minutes à 3 heures et se répètent de 1 à 8 fois par jour pendant les périodes actives de la maladie. La douleur, unilatérale et centrée sur l’œil, s’accompagne de signes caractéristiques : larmoiement, rougeur oculaire, congestion nasale. Pendant la crise, la personne est souvent agitée, incapable de rester immobile.
Forme épisodique et forme chronique
La forme épisodique concerne environ 80 % des cas. Elle se caractérise par des périodes douloureuses de 2 à 12 semaines, séparées par des rémissions. La forme chronique, qui touche environ 20 % des patients, se définit par des crises qui persistent plus d’un an sans rémission significative [SFEMC, Donnet et al., 2014]. Le diagnostic repose sur des critères cliniques précis établis par l’ICHD-3. Le délai entre les premières crises et le diagnostic reste souvent long plusieurs années car la douleur est fréquemment confondue avec une sinusite ou un problème dentaire.
Pourquoi l’oxygénothérapie est-elle recommandée en première intention dans l’AVF ?
L’oxygène médical dispose d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans le traitement de la crise d’algie vasculaire de la face depuis l’avis de la Commission de la Transparence de la HAS en 2004. Les recommandations françaises publiées par la SFEMC (Donnet et al., 2014) le classent parmi les traitements de première intention de la crise, au même titre que le sumatriptan par voie sous-cutanée. Les guidelines européens de l’EAN (2023) confirment cette position.
L’argument principal en faveur de l’oxygénothérapie tient à son profil de tolérance. Contrairement au sumatriptan, qui comporte des contre-indications cardiovasculaires, l’inhalation d’oxygène à haut débit n’a pas fait l’objet d’effets secondaires notables dans les essais cliniques. Elle peut de plus être utilisée sans limite de fréquence quotidienne ce qui en fait une option privilégiée pour les patients confrontés à des crises pluriquotidiennes.
Un essai contrôlé randomisé publié dans le JAMA par Cohen et al. en 2009 a montré que l’oxygène à haut débit soulageait environ 78 % des crises d’AVF dans les 15 premières minutes, contre 20 % sous air placebo. Cette différence a consolidé la place de l’oxygénothérapie dans les stratégies de prise en charge internationales.
Comment se passe une séance d’oxygénothérapie pendant une crise d’AVF ?
En pratique, le traitement consiste à inhaler de l’oxygène médical pur au moyen d’un masque à haute concentration, en position assise, pendant 15 à 20 minutes. Le débit recommandé est de 12 à 15 litres par minute. L’inhalation doit débuter dès l’apparition des premiers signes de crise : une mise en route précoce améliore la rapidité de réponse.
Qui prescrit l’oxygène pour l’AVF ?
La prescription initiale et son renouvellement relève d’un neurologue, d’un médecin ORL ou d’un praticien exerçant dans un centre de prise en charge de la douleur. Le matériel d’oxygénothérapie est ensuite livré et installé au domicile du patient, en bouteilles adaptées à un usage fixe ou portable. Les recommandations de la SFEMC (Donnet et al., 2014) préconisent de tester l’oxygène sur au moins trois crises avant de conclure à une absence de réponse.
Quels résultats attendre de l’oxygénothérapie dans l’AVF ?
Environ 78 % des crises obtiennent un soulagement dans les 15 premières minutes selon l’essai de Cohen et al. (JAMA, 2009). Ce taux de réponse est comparable à celui du sumatriptan injectable, avec l’avantage d’une tolérance nettement plus favorable et d’une absence de plafond quotidien d’utilisation.
Environ 20 à 25 % des patients ne répondent pas suffisamment à l’oxygénothérapie. Le neurologue peut alors proposer d’autres options ou ajuster la stratégie. L’oxygène peut aussi être associé à d’autres traitements selon la fréquence et la sévérité des crises. Les bénéfices du traitement s’apprécient aussi dans la durée : l’absence de limite quotidienne distingue l’oxygène des traitements médicamenteux soumis à un plafond journalier.
Quand l’oxygénothérapie ne suffit pas contre les crises d’AVF
Le traitement de fond
Il n’existe pas, à ce jour, de traitement curatif de l’algie vasculaire de la face. Lorsque les crises surviennent à une fréquence élevée, un traitement de fond est généralement mis en place par le neurologue pour en réduire la fréquence et la durée. Ce traitement de fond est pris quotidiennement pendant la période douloureuse (forme épisodique) ou sur le long terme (forme chronique).
Les recours en cas de résistance aux traitements
En cas de résistance aux traitements médicamenteux, des techniques de neuromodulation ou, dans des situations très spécifiques, une approche chirurgicale peuvent être envisagées dans un cadre spécialisé. Ces options relèvent de centres experts en céphalées. Quelle que soit la stratégie adoptée, le suivi par un neurologue ou un spécialiste de la douleur reste le point d’ancrage du parcours de soins de l’algie vasculaire de la face.
L’accompagnement à domicile dans le traitement de l’AVF par oxygène
Lorsque le traitement des crises d’AVF par oxygène s’installe dans le quotidien, la mise en place du matériel à domicile constitue une étape déterminante. Le technicien intervient dès la première installation pour expliquer le fonctionnement du dispositif, présenter les gestes de mise en service et d’entretien du masque à haute concentration, et répondre aux questions du patient et de son entourage.
Un suivi régulier permet de vérifier les conditions d’utilisation, de renouveler les consommables et d’adapter l’installation si nécessaire. Des bouteilles portables permettent de disposer du matériel lors de déplacements, assurant la continuité du traitement sur l’ensemble du territoire.
La mise en œuvre de l’oxygénothérapie à domicile s’effectue dans le respect de la prescription médicale, avec une assistance technique disponible en cas de besoin.
Questions fréquentes sur l’oxygénothérapie et l’algie vasculaire de la face
Oui. La prescription initiale et le renouvellement de l’oxygène pour le traitement des crises d’algie vasculaire de la face sont réservés à un neurologue, un médecin ORL ou un médecin exerçant dans une structure spécialisée dans la prise en charge de la douleur. Le médecin généraliste peut orienter vers ces spécialistes, mais il ne peut pas initier la prescription. Ce cadre est défini par les recommandations de la SFEMC (Donnet et al., 2014) et précisé dans l’avis de la Commission de la Transparence de la HAS (2004).
Oui. La prise en charge de l’oxygénothérapie dans l’AVF est inscrite à la Liste des Produits et Prestations Remboursables (LPPR). Elle fait l’objet de deux forfaits couvrant la mise à disposition du matériel et l’installation à domicile par un prestataire de santé à domicile. Ce remboursement est conditionné à une prescription d’un spécialiste habilité (neurologue, ORL ou médecin d’un centre de la douleur).
Une séance dure 15 à 20 minutes, au moyen d’un masque à haute concentration délivrant de l’oxygène à un débit de 12 à 15 litres par minute. Les recommandations de la SFEMC (Donnet et al., 2014) indiquent que l’inhalation doit démarrer dès les premiers signes de crise et qu’il convient de tester le traitement sur au moins trois crises avant de conclure à une absence de réponse.
Non. Environ 20 à 25 % des patients ne répondent pas suffisamment à l’oxygénothérapie. L’essai de Cohen et al. (JAMA, 2009) a montré un taux de réponse d’environ 78 % des crises traitées à 15 minutes. En cas de réponse insuffisante, le neurologue peut proposer une alternative thérapeutique ou une association de traitements adaptée au profil du patient.
Oui. L’oxygène médical ne présente pas de limite de fréquence d’utilisation quotidienne dans cette indication, selon les recommandations de la SFEMC (Donnet et al., 2014). C’est l’une de ses caractéristiques cliniques majeures : il peut être utilisé lors de chaque crise, y compris lorsque plusieurs crises surviennent dans la même journée, contrairement au sumatriptan injectable dont l’usage est plafonné à deux injections par 24 heures.
Pendant les périodes actives de la maladie, plusieurs facteurs peuvent déclencher une crise : la consommation d’alcool (facteur le plus documenté), l’exposition à des odeurs fortes comme les solvants ou les peintures, la sieste ou l’endormissement en journée, et la chaleur intense. En période de rémission, ces mêmes facteurs ne déclenchent habituellement pas de crise. L’alcool en particulier est reconnu comme facteur déclenchant exclusivement pendant les périodes douloureuses [SFEMC, 2024 ; ICHD-3, 2018].
Oui. Des bouteilles portables permettent de disposer du matériel lors de déplacements. La continuité du traitement peut être organisée en lien avec le prestataire de santé qui assure l’installation et le suivi du matériel, y compris lors de changements temporaires de résidence.
L’oxygénothérapie constitue aujourd’hui un traitement de première intention dans la prise en charge des crises d’algie vasculaire de la face, recommandé par la SFEMC et l’EAN. Son taux de réponse élevé et l’absence de plafond quotidien en font une option adaptée aux patients confrontés à des crises fréquentes. Toute personne présentant des douleurs intenses, unilatérales et récurrentes autour de l’œil gagne à consulter un neurologue ou un spécialiste de la douleur pour bénéficier d’un diagnostic et d’une prise en charge adaptés.
Sources
- SFEMC / Donnet A. et al., Recommandations pour le diagnostic et le traitement de l’algie vasculaire de la face, Revue Neurologique, 2014
- Cohen A.S. et al., High-flow oxygen for treatment of cluster headache: a randomized trial, JAMA, 2009
- HAS, Avis de la Commission de la Transparence oxygène médical Air Liquide Santé France, 2004
- SFEMC, Algie vasculaire de la face information patient, 2024, https://sfemc.fr/algie-vasculaire-de-la-face-avf/
À propos de ce contenu
Date de publication : 27/04/2026
Dernière mise à jour : 27/04/2026
Rédigé à partir de sources institutionnelles et peer-reviewed (HAS, SFEMC, JAMA), selon un protocole éditorial de fact-checking documenté.